J'ai eu une discussion avec l'un de nos investisseurs à ce sujet au cours des derniers jours. Devrions-nous sécuriser notre portefeuille face aux menaces de Trump ? Y a-t-il un risque que le dollar américain se déprécie fortement, et devrions-nous nous en protéger ?
À mon avis, un investisseur devrait essayer de contrôler ce qu'il peut contrôler et faire abstraction autant que possible du reste, qui n'est pas contrôlable.
Voici un passage de mon livre Avantage Bourse qui aborde ce sujet :
« Je répète sans cesse à nos investisseurs et à mes collègues que notre travail consiste principalement à trouver des titres de sociétés de qualité à bon prix. Ensuite, notre tâche est de construire des portefeuilles solides et adéquatement diversifiés. Pour le reste – la situation économique, les taux d'intérêt, les élections, le taux de chômage, etc. – nous ne devrions pas en tenir compte outre mesure.
L'entraîneur de tennis de mon fils lui a fait part d'une vérité cruciale pour tout joueur de tennis. Un joueur de tennis ne peut contrôler que quatre facettes de son jeu : « sa façon de jouer », ce qui inclut son style de jeu, la stratégie qu'il emploie et sa technique ; « son entraînement », tant sur le court que physique ; « sa préparation », ce qui comprend la nutrition, l'étude de ses adversaires, la préparation mentale, etc.; et « son attitude ». Tout le reste – la surface de jeu, la performance de son adversaire, la température, le vent, l'arbitrage – est composé d'autant d'éléments hors de son contrôle. Il ne devrait donc pas s'en préoccuper, car ils sont anxiogènes et susceptibles de perturber sa concentration. »
Il est tentant d'agir chaque jour pour s'ajuster à la situation géopolitique. À mon avis, c'est une erreur. Comme on l'a vu au cours des derniers jours, la conjoncture est trop changeante et imprévisible pour tenter de s'y adapter.
Nous devons donc concentrer nos efforts sur ce que nous pouvons contrôler.
Pour moi, cela consiste à me concentrer sur les sociétés que nous avons en portefeuille, sur leurs résultats financiers, leur stratégie, leur santé financière, leur capacité à s'adapter à une situation changeante, ainsi que sur l'évaluation de leur titre boursier.
Ensuite, je peux faire des recherches pour dénicher des occasions intéressantes parmi les titres que nous ne détenons pas en portefeuille. La forte volatilité des marchés boursiers des derniers mois est susceptible de créer des opportunités intéressantes, et je veux m'en prévaloir.
Je peux aussi m'assurer que notre portefeuille est bien diversifié et qu'il ne comporte pas une trop grande exposition à certains risques. Je pense notamment aux risques liés à l'intelligence artificielle, mais aussi à ceux des tarifs commerciaux, des taux d'intérêt, des taux de change, d'un ralentissement économique, d'une guerre, etc.
Un tel focus n'est pas facile à atteindre lorsque les manchettes ne cessent de nous étonner et de nous surprendre. Toutefois, comme le joueur de tennis, je dois sans cesse me rappeler que tous mes efforts doivent être dirigés vers les éléments que je peux contrôler – le reste n'est essentiellement que du bruit.
Philippe Le Blanc, CFA, MBA
Chef des placements chez COTE 100
_______

