2026-01-15

Le début de l’année est la période durant laquelle la plupart des gens complètent leurs cotisations, que ce soit au REER, au CELI, au CELIAPP ou au REEE.

Une véritable soupe de l'alphabet. Je me demande d'ailleurs si nos gouvernements n'ont pas exagéré dans leur zèle à créer des véhicules favorisant l'épargne chez les Canadiens. Prenons l'exemple d'une personne de 30 ans, avec un revenu de 75 000 $ et deux enfants. J'arrive à un total potentiel de cotisations de 33 500 $ dans les divers régimes d'épargne :

  • 13 500 $ dans le REER ;

  • 7 000 $ dans le CELI ;

  • 8 000 $ dans le CELIAPP ;

  • 5 000 $ (2 500 $ par enfant) dans le REEE.

Il me semble illusoire de croire qu'une personne puisse cotiser l'équivalent de près de 45 % de son revenu annuel brut.

Cela dit, je recommande fortement à chacun de maximiser les sommes cotisées dans les différents régimes d'épargne. C'est la meilleure manière de s'assurer une retraite confortable. J'ajouterais qu'il est préférable de compter sur ses propres efforts d'épargne et d'investissement pour sa retraite plutôt que sur ceux de nos gouvernements.

Une excellente méthode pour économiser est de tirer profit des programmes automatiques de cotisation.

Quelles cotisations devrait-on prioriser ?

Chaque situation est différente et doit être analysée en fonction des besoins et des particularités de chaque individu.

Cela dit, le REEE, grâce aux subventions du gouvernement, est probablement l'outil financier offrant le meilleur retour sur capital et le plus satisfaisant. Ce régime combine un apport gouvernemental non négligeable à la valeur inestimable de l'éducation que l'on lègue à nos enfants. Ce régime est, selon moi, incontournable pour ceux qui ont des enfants (ou des petits-enfants).

Le CELIAPP devrait être priorisé par ceux qui envisagent éventuellement d'acheter une maison. Le CELI est tout aussi intéressant et procure une grande flexibilité (pas de pénalités si l'on retire des sommes du régime).

Enfin, le REER ne devrait, selon moi, être utilisé que lorsqu'on a un revenu important et donc assujetti à un taux d'imposition élevé. L'écart entre ce taux d'imposition durant la vie active et celui lors des retraits devrait également être considéré : en théorie, on cotise pendant qu'on paie beaucoup d'impôt et on retire lorsqu'on en paie moins.

En fin de compte, je ne crois pas qu'il faille se stresser si l'on n'est pas en mesure de cotiser au maximum dans chaque programme disponible.

En même temps, il faut se rappeler que tout ce qu'on réussit à mettre de côté tôt dans sa carrière fera énormément de chemin pour sa retraite.

Revenons à mon exemple de la personne de 30 ans. Supposons qu'elle mette de côté, disons, 15 000 $ par an à partir de ses 30 ans et pour les 35 années suivantes. Cette somme sera ensuite placée dans un compte non imposable comme le CELI et investie dans le marché boursier. Supposons un rendement annuel composé de 8 % pendant cette période. À sa retraite, cette personne disposerait d'une somme de près de 2,8 M$ ; pas mal, non ?

Maintenant, supposons que la même personne ait commencé à investir à 20 ans au lieu de 30 ans, en investissant de la même manière, mais « seulement » 7 500 $ par an pendant 35 ans (jusqu'à l'âge de 55 ans, après quoi elle ne cotise plus). Cette personne a donc investi un total de 262 500 $, soit la moitié de ce que l'autre personne a investi pendant 35 ans. De combien cette personne disposera-t-elle à 65 ans ? De plus de 3,0 M$.

Le phénomène des intérêts composés est puissant et devrait inciter chacun à commencer le plus tôt possible à économiser et à investir. En ce début d'année, je vous recommande de tirer le meilleur parti des divers programmes d'épargne dont disposent les investisseurs canadiens.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA
Chef des placements chez COTE 100

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