2026-02-20

Souvent, les titres peu chers sont délaissés ou peu à la mode, et investir dans de tels titres s’accompagne généralement d’un fort sentiment d’inconfort.

Il y a de nombreuses années, j'ai lu « Contrarian Investment Strategies » de David Dreman, un investisseur valeur. Son message, qui reste d'actualité, était le suivant : « À long terme, les actions délaissées, sous-évaluées et impopulaires offrent les meilleures perspectives de rendements. »

Dreman privilégiait les titres affichant des ratios cours-bénéfices (PE) faibles, arguant que ces titres présentaient un potentiel de rendement plus élevé et un risque de baisse plus faible que ceux affichant un PE élevé. En effet, les sociétés dont les titres sont peu chers sont souvent soumises à des attentes financières faibles, tandis que celles avec un PE élevé sont confrontées à des attentes élevées. Dans les deux cas, les investisseurs risquent de se tromper en extrapolant la performance récente d'une entreprise : les sociétés aux attentes faibles peuvent surpasser les prévisions, tandis que celles aux attentes élevées peuvent décevoir.

Cependant, il est souvent inconfortable de posséder des titres de sociétés aux attentes basses. Ce sont généralement des entreprises qui connaissent des difficultés, dont la performance financière laisse à désirer, ou qui sont perçues comme présentant des risques importants.

Actuellement, cela semble s'appliquer à de nombreuses sociétés évoluant dans des industries susceptibles d'être affectées par l'intelligence artificielle (la liste de ces sociétés s'allonge chaque jour) : logiciels, services de consultation, fournisseurs de données et d'accès aux bases de données, etc.

Il semble aussi que les marchés boursiers soient « extrémistes » dans leur évaluation du potentiel et des risques liés à l'IA. D'un côté, ils semblent obsédés par les perspectives de croissance des sociétés liées à l'IA, ne voyant que le potentiel énorme sans prêter attention aux risques. Pour de nombreux autres cas, notamment pour les sociétés de logiciels, on ne semble voir que les risques liés à l'IA, en ignorant les retombées positives potentielles.

Je me range fermement du côté de David Dreman. Les opportunités d'investissement à long terme se trouvent parmi les titres délaissés et ignorés, c'est-à-dire ceux dont le PE est relativement bas.

Cela dit, l'investisseur qui privilégie de tels titres doit souvent s'armer de patience. À court terme, il est souvent plus « réconfortant » et lucratif d'investir dans des titres populaires, même si cela n'est pas nécessairement la stratégie la plus rentable à long terme.

Il n'a jamais été dit que l'investissement « valeur » était facile et de tout repos.

Philippe Le Blanc, CFA, MBA
Chef des placements chez COTE 100

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