Voici quelques exemples :
| Titre | Hausse 2026 | Capitalisation (G$) |
|---|---|---|
| Nvidia | 9,90 % | 5 000 |
| Broadcom | 11,40 % | 1 834 |
| Advanced Micro Devices | 128,10 % | 796 |
| Micron | 248,90 % | 1 123 |
| Intel | 217,00 % | 587,8 |
| Analog Devices | 52,00 % | 201 |
| Applied Materials | 115,00 % | 439 |
| Lam Research | 112,00 % | 453 |
En dressant cette liste, j’ai l’impression de faire un voyage dans le passé, particulièrement à la fin des années 1990 !
Nous n’avions pas investi dans ces titres à l’époque et nous ne l’avons pas fait non plus cette fois-ci. Bien que cette décision nous fasse paraître mal à court terme (comme ce fut le cas à la fin des années 1990), nous ne pensons pas que nous changerons notre approche. Voici les principales raisons derrière cette décision :
Cercle de compétence. Le secteur des semi-conducteurs est particulièrement complexe. Chez COTE 100, nous avons une règle simple : si nous ne parvenons pas à bien comprendre le modèle d'affaires d'une société, nous préférons nous abstenir.
Structurellement cyclique. Le secteur des semi-conducteurs est notoirement cyclique, caractérisé par des périodes fastes où les marges sont très élevées et d’autres où la majorité des acteurs peinent à faire des profits. C’est un secteur qui exige des investissements en immobilisations substantiels, ce qui se traduit par des coûts fixes élevés, le tout combiné à des prix qui fluctuent beaucoup en fonction de l’offre et de la demande (commodité). À titre d’exemple, depuis 2010, Advanced Micro Devices, dont les profits par action devraient atteindre un niveau historique record en 2026 (après un record en 2025) a enregistré des pertes à quatre reprises.
Industrie imprévisible et sujette à des changements technologiques rapides. La forte demande pour les puces et leurs prix élevés incitent plusieurs sociétés à développer les leurs afin de réduire leur dépendance à certains fabricants. C’est le cas notamment de Google, Amazon, Microsoft, Meta et Apple.
Des marges bien au-dessus des normes historiques. Reprenons l’exemple d’AMD : sa marge bénéficiaire après impôt devrait surpasser les 26 % en 2026 – cela se compare à une moyenne d’environ 14 % au cours des 10 derniers exercices. Celle de Micron devrait atteindre 50 % en 2026, comparativement à une moyenne de 17,3 % au cours des 10 dernières années. Il est difficile de croire que les marges récentes sont soutenables à long terme.
Une dépendance à un thème : l’IA. La demande des hyperscalers – notamment Google, Amazon et Microsoft – investissent des sommes gigantesques dans des centres de données qui leur permettront d’augmenter leur capacité à répondre à la demande pour l’IA. Mais qu’adviendrait-il si ces entreprises réduisaient leurs investissements ?
Par ailleurs, il me semble qu’il y a présentement un engouement certain pour tout ce qui touche à l’IA, ce qui bénéficie grandement aux titres de sociétés du secteur des semi-conducteurs.
La nécessité d’une industrie ne se traduit pas toujours par un bon investissement, pas plus qu’une technologie révolutionnaire. Il suffit de penser aux secteurs des avions, des automobiles ou des télécommunications pour s’en convaincre.
Philippe Le Blanc, CFA, MBA
Chef des placements chez COTE 100
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